Proche de ceux qui l'entourent, Élisabeth, en artiste, s'émerveille
du monde qu'elle découvre grâce aux vacances estivales qui l'amènent
à traverser la France.
Les vacances de 1893 (juste après son prix de piano) se passent en
Lorraine, à Mirecourt, puis dans le Jura, à Mignovillard.
Elle passe à nouveau les vacances de 1895 dans le Jura, à
Champagnole.
En 1897, elle retrouve la Lorraine (Lunéville et Mirecourt).
En 1899 c'est Mignovillard, encore puis trois semaines en Suisse.
Les années paires voient le trio Catez partir vers les Pyrénées :
Carlipa, Saint Hilaire, dans l'Aude, Carcassonne, Toulouse. Ce qui
leur permet d'aller plusieurs fois en pèlerinage à Lourdes.
En 1900 madame Catez et ses deux filles concluront la boucle de
l'Ouest en passant par Paris. Si elles vont à Montmartre et à Notre
Dame des Victoires, elles visitent aussi l'exposition universelle.
Elisabeth a laissé une description vivante des paysages découverts
dans ses lettres ou ses comptes-rendus d'excursion.
N'est-ce pas que l'on ne se lasse
pas de contempler cette belle mer ? Te rappelles-tu la dernière fois
que nous l'avons vue ensemble au Rocher de la Vierge, à Biarritz ?
Quelles bonnes heures j'ai passées là, c'était si beau ces lames de
fond envahissant les rochers, mon âme vibrait devant ce spectacle si
grandiose ! Élisabeth -
Lettre du 1er novembre 1902 à sa sœur Guite
Pour cette âme d'artiste qui vibre à la
beauté, celle-ci parle de Dieu et avive le désir de ne vivre qu'avec
et pour Lui seul.
Et Élisabeth communie profondment à cette
beauté comme l'atteste à sa manière cet article paru dans le Bien
Public du 4 août 1896 (Élisabeth a 16 ans) :
Mademoiselle Catez,
prix d'excellence, prix d'honneur du ministre des beaux-arts, est
une pianiste hors de pair. Cette enfant, élève de monsieur Diétrich,
est un petit prodige ; elle a joué la Rapsodie espagnole de Liszt
avec une sûreté, une maestria, une entente des intentions du
compositeur tout à fait étonnantes. Avec cela, pas de contorsions,
pas d'effort, une tenue simple et correcte. Bravo, bravo,
Mademoiselle, bravo pour vous, bravo pour tous vos camarades!