1887 -
Année de la
première confession d'Élisabeth.
Cette étape va amorcer le travail intérieur qui amènera Élisabeth
à dominer ses colères et à maîtriser sa sensibilité.
Sa mère raconte :
Elle n'avait que 7ans
lorsque son père nous fût enlevé par une maladie de cœur, je voulus
alors me consacrer à mes deux petites filles et les élever à la maison, mais les accès de colère
d'Élisabeth étaient loin de diminuer, comme elle avait une grande tendresse pour moi, je la punissais en la privant le soir d'un baiser.
Sa sœur témoigne :
Enfant,
elle était très colère, très vive, impulsive jusqu’à 7 ou 8 ans, c’est
à dire jusqu’à sa première confession environ ; nature très
sensible, très affectueuse, pour laquelle la punition la plus dure était
la privation des caresses de sa mère.
Sa colère, dans sa première enfance, était parfois si violente qu’on la
menaçait de l’envoyer comme interne au Bon Pasteur et qu’on
préparait son petit paquet.
Sa Prieure - Mère Germaine de Jésus - témoignera au Procès de
béatification :
Elle
était d’un caractère violent et même sujette à de véritables
colères. Sa mère m’a confié que ses premiers essais pour se dominer
provinrent du refus qu’elle fit de l’embrasser comme à l’ordinaire ;
mais Élisabeth elle-même m’a confié que sa résolution vraiment
réfléchie et persévérante de se vaincre dans ses violences, date de sa
première confession. On peut dire que ses efforts furent constants jusqu’à
sa première Communion.
En attendant la vie suit son
cours et l'année préparatoire à la première Communion arrive.
Sur les bancs du catéchisme, Élisabeth rencontre alors celle qui
deviendra une de ses amies les plus proches : Marie-Louise Hallo.
De la
préparation d'Élisabeth à sa première Communion, elle dira :
J'ai
fait connaissance d'Élisabeth sur les bancs du Catéchisme de 1ère
Communion, elle était ma compagne, et se préparait si bien à ce grand
jour, luttant contre sa vivacité avec une volonté énergique.
Le 19 avril 1891, c'est le
jour de la première Communion.
Marie-Louise Hallo raconte :
Je
me rappelle que la veille avant le dîner le prêtre qui l'avait baptisée
nous fit une lecture et Élisabeth m'emmena faire un chemin de croix
devant le Crucifix indulgencié de sa mère. Le grand jour arriva 19 avril
1891, Élisabeth ne cessa de pleurer pendant la Messe de 1ère
Communion et l'action de grâces. Quand nous sortîmes, elle me dit
:
"Je
n'ai pas faim, Jésus m’a nourrie."
Confirmation le 8 juin 1891
Notre
confirmation eut lieu à Notre Dame. A partir de ce moment la piété
d'Élisabeth s'accrut davantage, elle communiait souvent et versait
d'abondantes larmes après. Sa nature était si sensible mais si forte. Je
l'ai vue quelquefois faire des efforts inouïs pour réprimer une
impatience et une parole trop vive.
La première communion d'Elisabeth le 19 avril 1891
avive son désir de recevoir Jésus et de vivre avec Lui.
Ce désir s'accompagne d'une réelle conversion au
niveau de son comportement : les colères disparaissent et Élisabeth
conquiert sur elle-même une maîtrise de soi qu'admireront ses proches.
Une de ses amies, Louise Recoing, raconte :
Mon père venait d'être nommé Commandant à Dijon en 1892... Ayant
appris que nous étions très tristes d'avoir quitté nos amies de Besançon
(notre garnison précédente), le Commandant Hallo demanda à sa
femme d'inviter toutes les amies de sa fille Marie-Louise, afin
qu'elles deviennent les nôtres.
Ce qui n'avait frappée dans cette
première rencontre, c'était sa douceur et son amabilité qui
contrastaient avec sa nature ardente et son regard de flamme. Je vis
aussi qu'elle était l'âme et le bout-entrain de cette réunion qui
devait être suivie de tant d'autres. Comme son égalité d'humeur et sa
douceur me stupéfiaient, ma mère en parla à Madame Catez qui lui
confia alors que jusqu'à l'année précédant sa première Communion
Elisabeth se mettait chaque jour en colère. C'est alors que sa mère
lui avait dit qu'un réel changement était nécessaire pour faire cette
première Communion qu'elle désirait tant. Une transformation commença
aussitôt, à être visible dans son caractère et quand je l'ai
connue, il semblait impossible qu'elle ait pu être si différente.
Comme j'étais moi-même prompte à m'emporter je compris qu'il fallait
l'imiter, et faire de grands efforts pour devenir comme elle, douce et
humble.