22 juillet 1880 – la petite Élisabeth a quatre jours. Quelques
photographies nous la découvrent en ce jour : on la voit entre les
bras de sa maman revêtue de la robe blanche (un cadeau de Marie de
Pleurre, une amie lunévilloise de madame Catez) : c’est le jour de
son baptême.
A qui
vous contemple dans les bras de votre maman, vous semblez bien
petites, mais votre petite tante qui vous regarde aux clartés de la
foi voit en vous un caractère de grandeur infinie : car Dieu de
toute éternité vous portait en sa pensée, Il vous prédestinait à
être conformes à l'image de son Fils Jésus, et par le saint baptême
Il vous a revêtues de Lui, vous faisant ainsi ses enfants, en même
temps que son temple vivant" ( saint Paul )
Lettre 240 d'Elisabeth à ses nièces Élisabeth et Odette Chevignard
Le Père Chaboisseau gardera vive la mémoire de ce jour. C’est lui –
le curé d’Avord – qui baptise Marie-Elisabeth-Joséphine et la marque
du sceau des Trois. L’enfant est portée sur les fonts baptismaux par
son parrain - son grand-père Raymond Rolland - et sa marraine - sa
grand-mère Anne Marguerite Joséphine Rolland.
Lorsqu’elle rédige
Les Souvenirs, Mère
Germaine - la Prieure d’Élisabeth de la Trinité – relate :
La petite Elisabeth fait son entrée dans la
vie, 18 juillet 1880. C'était un dimanche, coïncidence qu'elle
envisagera, dans la suite, comme un premier appel à sa vocation
spéciale,
à ce qui du moins, fut la caractéristique de sa vie religieuse :
être à la sainte Trinité une louange de gloire.
Elle enchaîne :
Son baptême, en la fête de sainte Marie-Madeleine (22 juillet), pourrait être également regardé comme un signe de la Providence, qui, sous des circonstances fortuites en apparence, cache parfois tout un plan divin. Régénérée sous les auspices de l'illustre Pénitente, l'enfant entra de bonne heure en son intimité, et, dans sa pure jeunesse, eut avec elle plus d'un trait de ressemblance. Blessée du même amour, elle comprenait ces recherches ardentes, ces longs silences aux pieds du Sauveur, ce besoin de le suivre jusqu'au Calvaire, jusqu'à l'union parfaite qu'il accorde à ses privilégiés.
Naissance et baptême sont ainsi pour Élisabeth une même
porte d’entrée dans la Vie, celle des enfants de Dieu. En
1906, dans l’un de ses « traités spirituels » elle dira :
Par
le baptême, dit saint Paul, nous avons été entés en Jésus
Christ. Et encore : " Dieu nous a fait asseoir
dans les
Cieux en Jésus Christ afin de montrer aux siècles à venir
les richesses de sa grâce .
Le Ciel dans la foi - Premier jour
Et elle dira même de manière plus précise comment le baptême nous marque du sceau de la Trinité :
Oui , nous sommes
devenues siennes par le baptême, c' est ce que saint Paul
veut dire par ces paroles : " Il les a appelés " ; oui ,
appelées à recevoir le sceau de la Sainte Trinité ; en même
temps que nous avons été faites selon le langage de saint
Pierre " participantes de la nature divine " , nous avons
reçu " un commencement de son être " … Puis , Il nous a
justifiées par ses sacrements , par ses " attouchements "
directs dans le recueillement " au fond " de notre âme ;
justifiées aussi par la foi et selon la mesure de notre foi
dans la rédemption que Jésus - Christ nous a acquise.
Le Ciel dans la foi -
Huitième jour
Elle expérimente ce que
rappelle le Catéchisme de l’église catholique :
Le saint Baptême est le fondement de toute la
vie chrétienne le porche de la vie dans l'Esprit ("vitæ spiritualis ianua") et la porte qui ouvre l'accès aux autres
sacrements. Par le Baptême nous sommes libérés du péché et régénérais
comme fils de Dieu, nous devenons membres du Christ et
nous sommes incorporés à l'église et faits participants à sa
mission.
Une des ses sœurs au Carmel soulignera combien Élisabeth était attentive à l’anniversaire de son baptême :
A propos de son baptême qui eut
lieu le 22 juillet 1880, je puis attester qu'elle en
célébrait l'anniversaire avec beaucoup de foi et d'action de
grâces. Elle m'a dit à moi-même que cette coïncidence de son
baptême avec la fête de Ste Madeleine était pour elle un
premier appel à sa vocation d'amour.
Témoignage de Sœur Marie
de la Trinité.
Le 21 juillet 1905, Elisabeth écrit à l’abbé Chevignard, beau-frère de sa sœur :
C'est demain la fête de sainte Madeleine ,
celle dont la Vérité a dit : " Elle a beaucoup aimé ",
c'est aussi fête pour mon âme car je célèbre l'anniversaire de
mon baptême.Lettre 234 du 21 juillet 1905 à l'abbé Chevignard
Elle poursuit :
Et puisque vous êtes le prêtre de l' Amour je
viens vous demander , avec la permission de notre Révérende Mère, de vouloir bien me
consacrer à Lui demain à la sainte Messe.
Baptisez - moi dans le Sang de l' Agneau afin que , vierge de tout ce qui n' est pas Lui, je ne vive que pour aimer d' une passion toujours croissante , jusqu' à cette heureuse unité à laquelle
Dieu nous a prédestinés en son vouloir éternel et immuable.
Lettre 234 du 21 juillet 1905 à l'abbé Chevignard