La vie d'Elisabeth Bibliographie
Laudem gloriae

Elisabeth découvre Saint Paul

Louange de gloire

Professe, Élisabeth découvre un guide lumineux : St Paul.    

... comprendrons-nous jamais combien nous sommes aimés ? Il me semble que c'est bien là la science des saints. Saint Paul, dans ses magnifiques épîtres, ne prêche pas autre chose que ce mystère de la charité du Christ....soyons, comme dit saint Paul, "la louange de sa gloire" Lettre 191 du 25 janvier 1904, à l'abbé Chevignard
Élisabeth se laisse transformer par la lumière de la Parole de Dieu reçue à travers St Paul. Elle la médite en son cœur. A l'issue d'une retraite communautaire, le 21 novembre 1904 elle s'offre la Trinité. dans une prière qui, découverte après sa mort fera le tour du monde.  (voir le manuscrit de la Prière)      

Ardente, enthousiaste, Élisabeth ne peut garder pour elle-même la Vie qu'elle reçoit. A travers les parloirs ou sa correspondance, elle dévoile à sa famille et à ses amis ce bonheur qu'elle découvre. Car, elle en est sûre : Il est aussi pour eux. Dans un langage riche d'une délicate tendresse, elle initie chacun, au cœur de ses propres préoccupations, à l'intimité qu'elle goûte en Dieu. Elle écrit à Françoise de Sourdon : 

Oh, ma chérie, que l'on est heureux quand on vit dans l'intimité avec le bon Dieu, quand on fait de sa vie un cœur à cœur, un échange d'amour, quand on sait trouver le Maître au fond de son âme. Alors on n'est plus jamais seule et on a besoin de solitude afin de jouir de la présence de cet Hôte adoré. Vois-tu, ma Framboise, il faut Lui donner sa place dans ta vie, dans ton cœur qu'Il a fait si aimant, si passionné. Oh! si tu savais comme Il est bon, comme Il est tout Amour ! Je Lui demande de se révéler à ton âme, d'être l'Ami que tu saches toujours trouver, alors tout s'illumine et c'est si bon de vivre! Ce n'est pas un sermon que je veux te faire, c'est le trop-plein de mon âme qui déborde en la tienne pour qu'ensemble nous allions nous perdre en Celui qui nous aime, comme dit saint Paul, « d'un trop grand amour » ! Lettre 161 du 28 avril 1903 à Françoise de Sourdon
Si tu savais comme je pense à toi, comme je prie pour toi, car c'est tout un pour une carmélite... Vois-tu, je suis heureuse, je demande au bon Dieu de te faire goûter aussi les douceurs de son Amour et de sa présence: c'est cela qui transforme, qui illumine la vie, c'est le secret du bonheur!... Ma Françoise aimée, pense que si le bon Dieu nous a séparées, Lui veut être l'Ami que tu peux trouver toujours. Il se tient à la porte de ton cœur... Il attend... Ouvre-Lui  Lettre 174 du 23 août 1903 à Françoise de Sourdon  

Ce bonheur la rapproche de tous ceux qu'elle continue à porter dans son cœur. Elle insiste sur la proximité née de la communion en Dieu. A sa mère dont elle sait combien son entrée au Camel fut une souffrance, elle écrit  :

... ce soir j'éprouve le besoin de te dire « merci », car sans ton « fiat » tu sais bien que je ne t'aurais jamais quittée, et Lui voulait que je te sacrifie pour son Amour. Le Carmel, c'est comme le Ciel, il faut se séparer de tout pour posséder Celui qui est Tout. Il me semble que je t'aime comme on aime au Ciel, qu'il ne peut plus y avoir de séparation entre ma petite maman et moi, puisque Celui que je possède en moi demeure en elle, nous sommes ainsi tout près!... Lettre 170 vers le 13 août 1903 à sa mère

Elle écrit aussi à une amie :

... voyez-vous, depuis que je suis au Carmel ..., il me semble que je me suis encore rapprochée de vous, que je vous aime plus profondément : c'est que Celui qui m'a prise toute à Lui est tout Amour, et j'essaie de m'identifier à tous ses mouvements ; c'est avec son Cœur que je vous aime, avec son âme que je prie pour vous.
... Pensez que vous êtes en Lui, qu'Il se fait votre demeure ici-bas; et puis qu'Il est en vous, que vous le possédez au plus intime de vous-même, qu'à toute heure du jour et de la nuit, dans toutes joies ou épreuves vous pouvez le trouver là, tout près, tout au-dedans. C'est le secret du bonheur, c'est le secret des saints, ils savaient si bien qu'ils étaient le « temple de Dieu » et qu'en s'unissant à ce Dieu l'on devient « un même esprit avec Lui », comme dit saint Paul ; aussi ils allaient à tout sous son rayonnement.
Lettre 175 du 24 août 1903 à Marie-Louise Ambry

Au Chanoine Angles...

C'est si bon de donner quand on aime, et je l'aime tant, ce Dieu qui est jaloux de m'avoir toute pour Lui. Je sens tant d'amour sur mon âme, c'est comme un Océan en lequel je me plonge, je me perds : c'est ma vision sur la terre en attendant le face à face en la lumière. Il est en moi, je suis en Lui, je n'ai qu'à l'aimer, qu'à me laisser aimer, et cela tout le temps, à travers toutes choses : s'éveiller dans l'Amour, se mouvoir dans l'Amour, s'endormir dans l'Amour, l'âme en son âme, le cœur en son Cœur, les yeux en ses yeux, afin que par son contact Il me purifie, Il me délivre de ma misère. Lettre 177 vers le 27 août 1903 au chanoine Angles

A Dieu, petite sœur, demeurons au centre de notre âme, là où Il habite ; alors à travers toutes choses ce sera le cœur à cœur. Oh ! si tu savais comme Il t'aime et comme, en passant par toi, Il veut se faire aimer des petits anges !
Lettre 233 du 3 juillet 1905 à sa soeur
Je viens de lire dans saint Paul des choses splendides sur le mystère de l'adoption divine. Naturellement, j'ai pensé à toi ce serait bien extraordinaire qu'il en fût autrement : toi qui es mère et qui sais quelles profondeurs d'amour le bon Dieu a mises en ton cœur pour tes enfants, tu peux saisir la grandeur de ce mystère: enfants de Dieu, ma Guite, est-ce que cela ne te fait pas tressaillir ?   
Ecoute parler mon cher saint Paul : « Dieu nous a élus en Lui, avant la création. Il nous a prédestinés à l'adoption des enfants pour faire éclater la gloire de sa grâce », c'est-à-dire qu'en sa toute-puissance Il semble ne pouvoir rien faire de plus grand. Et puis écoute encore : « Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers. » Et quel est cet héritage ? « Dieu nous a rendus dignes d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière. » Et puis, comme pour nous dire que cela n'est pas un avenir lointain, l'Apôtre ajoute : « Vous n'êtes donc plus des hôtes ou des étrangers mais vous êtes de la Cité des saints et de la Maison de Dieu »... Et encore : « Notre vie est dans les Cieux »... Oh ! ma Guite, ce Ciel, cette maison de notre Père, il est au « centre de notre âme » ! Comme tu le verras dans saint Jean de la Croix, lorsque nous sommes en notre centre le plus profond nous sommes en Dieu. N'est-ce pas que c'est simple, que c'est consolant ? A travers tout, parmi les sollicitudes maternelles, tandis que tu es toute aux petits anges, tu peux te retirer en cette solitude pour te livrer à l'Esprit Saint afin qu'Il te transforme en Dieu, qu'Il imprime en ton âme l'Image de la Beauté divine, afin que le Père en se penchant sur toi ne voie plus que son Christ, et qu'Il puisse dire: « Celle-ci est ma fille bien-aimée, en qui j'ai mis toutes mes complaisances. »  Oh, petite sœur, au Ciel je me réjouirai en voyant paraître mon Christ si beau en ton âme; je ne serai pas jalouse mais, avec une fierté de mère, je Lui dirai : C'est moi, pauvre misérable qui ai enfanté cette âme à votre vie.
Lettre 239 du 13 août 1905 à sa soeur

citation dans "Le C iel dans la foi"
Le Ciel dans la foi

Au fil des mois, Élisabeth va ainsi prendre de plus en plus conscience de cette vocation qu'elle a découverte, en comprenant ce qu'elle implique. A la fin du mois de décembre 1905, elle écrit au chanoine Angles :  

... mon rêve, c'est d'être « la louange de sa gloire »; c'est dans saint Paul que j'ai lu cela, et mon époux m'a fait entendre que c'était là ma vocation dès l'exil en attendant d'aller chanter le Sanctus éternel en la Cité des saints. Mais cela demande une grande fidélité car, pour être louange de gloire, il faut être morte à tout ce qui n'est pas Lui, afin de ne vibrer que sous sa touche... Lettre 256 fin décembre 1905 au chanoine Angles
 
Elisabeth en manteau de choeur




Saint Paul


La Prière - recto


Françoise de Sourdon


Madame Catez


Marie-Louise Ambry-Maurel


Guite et Odette