Spiritualité

Trinité

Les notes d'Elisabeth

La Sainte Trinité nous a créés à son image Le Ciel dans la foi
 Dans un accord parfait do – mi - sol, il y a trois notes et cela fait pourtant un seul accord. Pour évoquer le Mystère trinitaire, c’est à cette comparaison qu’a eu recours un prédicateur lors d’une Messe télévisée à l’occasion du centième anniversaire de la naissance d’Elisabeth. La musicienne a dû être ravie…

 Entrant au Carmel et devenant Élisabeth de la Trinité, Élisabeth Catez s’est laissée emporter dans la vie trinitaire. 

Dès le 14 juin 1901 – peu de temps avant son entrée - elle écrivait à un ami de sa famille, le Chanoine Angles :

Vous ai-je jamais dit mon nom au Carmel : « Marie-Élisabeth de la Trinité ». Il me semble que ce nom indique une vocation particulière, n'est-ce pas qu'il est beau ? J'aime tant ce mystère de la Sainte Trinité, c'est un abîme dans lequel je me perds !...  

Et le 25 mai 1902 – fête de la Trinité - elle écrit à sa sœur :

Oh oui, ma Guite, cette fête des Trois est bien la mienne, pour moi il n'en est pas une semblable. Elle était bien bonne au Carmel car c'est une fête de silence et d'adoration ; je n'avais jamais si bien compris le Mystère et toute la vocation qu'il y a dans mon nom.  

C'est toute la Trinité qui habite dans l'âme qui l'aime en vérité,  c'est-à-dire en gardant sa parole ! Dernière retraite - onzième jour

 Un Mystère...

Ce mystère, Élisabeth y pénètre en se mettant à l’écoute de la Parole de Dieu, à l’écoute de Jésus qui vient le révéler

Il vient révéler le mystère,
Livrer tous les secrets du Père,
Mener de clartés en clartés
Jusqu'au sein de la Trinité. 
Poésies – P 75, Noël 1901  

Et quel est ce mystère ? Elisabeth nous le dit dans une de ses poésies :

Mère, en la Trinité le Père est la substance,
Tout émane de Lui. Il opère toujours.
C'est en se contemplant dans sa divine essence
Qu'Il engendre son Verbe et fait naître l'Amour.  
P 101 – pour le 15 juin 1906

Le Mystère "des Trois", comme les appelle affectueusement Élisabeth, c’est donc un Dieu unique en trois Personnes : le Père engendrant le Fils et faisant naître l’Amour.

La révélation d’un tel mystère n’est pas destinée à rester un événement extérieur à qui la reçoit. En effet, la Trinité veut avoir société avec nous " Il faut que je loge chez toi ! " C'est mon Maître qui m'exprime ce désir ! Mon Maître qui veut habiter en moi, avec le Père et son Esprit d'amour, pour que, selon l'expression du disciple bien-aimé, j'aie "société" avec Eux. Dernière retraite – Seizième jour

Car "les Trois" rêvent...   … en un profond silence
Dieu se révèle à toi en sa toute-puissance,
Il s'imprime en ton âme, Il se diffuse en toi,
II te consomme en l'Un : c'est le rêve des Trois !...  
Poésie P 84 – 6 août 1902 

« être consommé en l’Un », cela fait écho à la prière de Jésus :

... afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. Evangile selon St Jean ch. 17, verset 21

  Au sein des Trois, baignés en la lumière,
Sous les clartés de la Face de Dieu
Nous pénétrons le secret du Mystère
Et chaque jour paraît plus radieux !
Etre Infini, Profondeur insondable,
Nous communions à ta Divinité.
O Trinité, ô Dieu, notre Immuable,
Nous te voyons toi-même en ta clarté.
P 80 – 15 juin 1902

... et une vocation

Et ce rêve des Trois est une vocation pour Élisabeth qui se sent appelée à demeurer au sein des Trois qui demeurent en elle (car le sceau de la Trinité se pose sur toute personne dès son baptême) afin d’être louange de la gloire de la Sainte Trinité. Tel est bien le sens de la célèbre Prière à la Trinité qu’elle note pour elle-même en novembre 1904 où elle demande à chaque Personne divine de réaliser en elle la mission qui lui est propre afin de réaliser cette vocation à laquelle elle se sent appelée.

Voilà comment j'entends être "de la maison de Dieu" : c'est en vivant au sein de la tranquille Trinité, en mon abîme intérieur... Dernière retraite – Seizième jour 

Et cet abîme intérieur qui l'établit au sein sein des Trois, Élisabeth doit y demeurer par le silence et le recueillement ; car la Trinité est silence comme Élisabeth le laisse entendre à sa sœur :

Qu'en l'âme de ma Guite se fasse un profond silence, écho de celui qui se chante en la Trinité. Lettre du 15 juin 1903

Et c’est pourquoi la louange de la Trinité se dit dans...

... un silence plein, profond… Oui, c'est la plus belle louange, puisque c'est celle qui se chante éternellement au sein de la tranquille Trinité… Dernière retraite – huitième jour       C'était la Trinité qui m'entrouvrait son Sein 
Et j'ai trouvé mon centre en l'Abîme divin ! 
On ne me verra plus sur le bord du rivage, 
Je plonge en l'Infini, c'est là tout mon partage, 
Mon âme se repose en cette immensité 
Et vit avec ses Trois comme en l'éternité !
Poésie - P 115

Si Élisabeth apporte de la nouveauté sur la Trinité, elle le fait en disant simplement sa vie avec "les Trois", en leur sein. Par là vivant au cœur de Dieu elle est au cœur du monde puisque le Dieu Trinité se révèle tel à travers le drame du salut qu'il nous apporte. Elle rappelle ainsi ce qu'est l’identité chrétienne : nous allons à un Dieu qui est Père, par son Fils dans son Esprit et qui rêve de vivre en société avec nous.

Dis-moi comment, dans la prière,
Dans le silence et dans la foi,
On demeure déjà sur terre
Face à la vision des Trois.
Poésie - P 87
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