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Soyons vrais dans notre amour

 

Durant la semaine du 17 au 24 décembre, dernière semaine de l’Avent avant Noël, l’attente de l’église se fait plus pressante : Viens, viens implore-t-elle du Sauveur, en chantant l'antienne « O » qui introduit chaque jour de la semaine le Magnificat, à l’Office du soir.

Temps d’appel insistant, mais aussi temps de préparation plus intense.

Au fil des paroles proposées sur le site durant cette période d’Avent, pour la méditation de la semaine, se dessinent trois invitations d’Elisabeth : apprendre de Marie comment aimer Celui qui vient ; vivre cette attente « à l’intérieur », dans le silence ; attendre au nom de tous, pour tous.

Attendre avec l’amour de Marie

Pour Elisabeth la Vierge Marie est celle auprès de qui l’on apprend attendre et à aimer Jésus. Revenons à la lettre qu’elle adressait à Guite en 1903 :

 

Penses-tu ce que ce devait être en l'âme de la Vierge, lorsqu'après l'Incarnation elle possédait en elle le Verbe Incarné, le Don de Dieu... En quel silence, quel recueillement, quelle adoration elle devait s'ensevelir au fond de son âme pour étreindre ce Dieu dont elle était Mère. Ma petite Guite, Il est en nous. Oh ! tenons-nous tout près de Lui, en ce silence, avec cet amour de la Vierge; c'est comme cela que nous passerons l'Avent, n'est-ce pas ?

[Lettre 183 à sa soeur – 22 novembre 1903]

Elisabeth parle ainsi à sa sœur car Guite attend son premier enfant. Elle se trouve de fait dans la même situation que Marie attendant son fils premier-né. Elisabeth se fonde sur cette expérience maternelle pour faire entendre à Guite comment elle peut vivre le temps de l’Avent qui s’ouvre devant elle : Dieu est en elle, en nous. Pour le rejoindre, elle doit, comme Marie, faire silence, rentrer en elle-même, se rendre attentive à une Présence qu’elle ne peut saisir que dans une foi vive. Et Guite peut pressentir l’amour que la Vierge portait au Verbe qui avait pris chair en elle, elle qui sent s’éveiller son amour maternel pour le « petit être qui est déjà dans la pensée de Dieu » et dont elle perçoit la présence, sans cependant pouvoir déjà le prendre dans ses bras.

Prenant en compte l’attente maternelle de sa sœur – et vibrant avec elle en cette attente -Elisabeth l’invite à entrer plus profondément dans la vie chrétienne : se tenir en présence de Dieu dans toute la richesse de son humanité.

Et pour cela il faut faire silence, se recueillir.

 

Vivre dans la profondeur

Dans sa Prière Elisabeth demande à l’Esprit Saint : « Survenez en moi afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe »… Elle a longuement appris de Marie comment vivre avec Dieu. Quelques semaines avant de mourir elle la regarde encore. Dans sa Dernière Retraite (août 1906), elle écrit :

« La Vierge conservait ces choses en son cœur » : toute son histoire peut se résumer en ces quelques mots! C'est en son coeur qu'elle vécut et en une telle profondeur que le regard humain ne peut la suivre. Quand je lis en l'Evangile « que Marie parcourut en toute diligence les montagnes de Judée » pour aller remplir son office de charité près de sa cousine Élisabeth, je la vois passer si belle, si calme, si majestueuse, si recueillie au-dedans avec le Verbe de Dieu. Comme Lui sa prière fut toujours celle-ci : « Ecce, me voici ! » Qui ? « La servante du Seigneur », la dernière de ses créatures : elle, sa Mère ! Elle fut si vraie en son humilité, parce qu'elle fut toujours oublieuse, ignorante, délivrée d'elle-même. Aussi elle pouvait chanter : « Le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses, désormais les nations m'appelleront bienheureuse. »                                                  [Dernière retraite 15ème jour]

Cette attitude de Marie fut celle aussi qu’Elisabeth voulut avoir, car elle est l’attitude chrétienne par excellence. Vivre dans la profondeur, ne veut pas dire s’abstraire des réalités humaines. Au contraire ! C’est vouloir et accomplir la volonté de Dieu en toutes choses et ne pas s’en laisser distraire.

Cette vie chrétienne est aussi une responsabilité chrétienne car elle prépare le monde à la venue du Seigneur.

 

Attendre au nom de tous

Elisabeth confie à l’abbé Chevignard, le beau-frère de sa sœur Guite :

J'aime cette pensée que la vie du prêtre (et de la carmélite) est un Avent qui prépare l'Incarnation dans les âmes, David chante en un psaume « que le feu marchera devant le Seigneur ». Le feu, n'est-ce pas l'amour ? et n'est-ce pas aussi notre mission de préparer les voies du Seigneur par notre union à Celui que l'Apôtre appelle un « feu consumant »? A son contact notre âme deviendra comme une flamme d'amour se répandant dans tous les membres du corps du Christ qui est l'église ; alors nous consolerons le Cœur de notre Maître et Il pourra dire en nous montrant au Père: « Déjà je suis glorifié en eux ». [Lettre 250 – Novembre 1905]

 

Ce qu’Elisabeth applique au prêtre et à la carmélite, dans le cadre de cet échange épistolaire - est fondamentalement vrai de tout chrétien comme le Pape Benoît XVI, citant Maxime le Confesseur, vient de le rappeler dans sa dernière encyclique : « l'amour de Dieu se révèle dans la responsabilité envers autrui. ». C’est pourquoi, l’attente, l’espérance de tout chrétien ne se limite pas à ce temps liturgique qui incite cependant à en prendre une conscience renouvelée, mais détermine une attitude chrétienne qu’Elisabeth décrit dans le passage de sa lette à l’abbé Chevignard qui précède la citation donnée ci-dessus :

 

Voici le saint temps de l'Avent, il me semble que c'est tout spécialement celui des âmes intérieures, de celles qui vivent sans cesse et à travers tout « cachées en Dieu avec Jésus-Christ » au centre d'elles-mêmes ; dans l'attente du grand mystère j'aime approfondir ce beau psaume XVIII que nous disons souvent à matines, et surtout ces versets : « Il a placé son pavillon dans le soleil et cet astre, semblable à un nouvel époux qui sort de sa couche, s'est élancé comme un géant pour parcourir sa carrière; il est sorti de l'extrémité du ciel. Sa révolution s'est faite jusqu'à l'autre extrémité; et nul ne se dérobe à sa chaleur. » Faisons le vide dans notre âme afin de Lui permettre de s'élancer en elle pour venir lui communiquer cette vie éternelle qui est la sienne ; le Père lui a donné pour cela « puissance sur toute chair » nous est-il dit en l'évangile. Et puis, dans le silence de l'oraison, écoutons le, Il est le « Principe », qui parle au-dedans de nous, et n'a-t-Il pas dit : « Celui qui m'a envoyé est vrai et tout ce que j'ai entendu de Lui, moi je le dis », Demandons-Lui de nous rendre vrais dans notre amour, c'est-à-dire de faire de nous des êtres de sacrifice, car il me semble que le sacrifice n'est que l'amour mis en action : « Il m'a aimé, Il s'est livré pour moi. »

Attendre au nom de tous et pour cela préparer dans le monde les voies du Seigneur en ne cessant de se livrer à Celui qui vient. C’est que qu’Elisabeth a fait, devenant source d’espérance pour le monde. « Les saints ont pu parcourir le grand chemin de l'être-homme à la façon dont le Christ l'a parcouru avant nous, parce qu'ils étaient remplis de la grande espérance » [Lettre encyclique Spe salvi de Benoît XVI]. Sur ce chemin, elle ne cesse de nous attirer en exerçant la mission qui est la sienne : attirer les âmes à sortir d’elles pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux et les garder dans ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elles, de les transformer en Lui-même. Et cela pour que soit annoncée la Bonne Nouvelle du « Dieu avec nous », Emmanuel, auprès de tous ceux qui attendent un salut.

Le périple de l'Astre
 

Pour l'Avent 

Soyons vrais...

 

Autour de la Prière

Du Silence au Silence

Ouverture

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L'excès du Mystère

Adresse transformante

Le Mystère du Crucifié

épouse de l'Amour

Bienheureuse impuissance

Dans la Lumière de l'Amour

 

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