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"0h ! Madame, nous nous aimons !" répondit un jour Élisabeth à Madame Hallo – une amie très proche de sa famille - qui s’étonnait de la faim de prière de la jeune fille auprès du Tabernacle et lui demandait : "Que pouvez-vous donc lui dire ?"

 

Et à une autre de ses amies l’accompagnant lors d’un visite au Saint Sacrement, Élisabeth confiait : "C'est si bon, on est si bien ! Il est là et je suis avec Lui !".

 

Toutes les amies d’Elisabeth ont été impressionnées par son recueillement en présence du Saint Sacrement. Parmi elles écoutons :

 

Marie-Louise Maurel : « … rien n'égalait l'impression inoubliable de piété dans les visites au Saint-Sacrement et pendant les offices, Messes et cérémonies où nous assistions ensemble ». 

Maire-Louise Hallo: « Son bonheur était d'y prier longuement (à la chapelle du Carmel) devant le reposoir du Jeudi Saint en particulier et pendant l'octave du St Sacrement ».

 

Entrée au Carmel l’attrait d’Élisabeth pour le Saint Sacrement est toujours aussi grand, comme le rapporte Mère Germaine, sa Prieure : « Elle passait volontiers les dimanches et jours de fête devant le St Sacrement exposé à l'Oratoire. Il est arrivé qu'au soir, ses compagnes à la récréation, la taquinant doucement, lui disaient : " Vous avez été bien gourmande aujourd'hui ; vous êtes restée aux sources toute la journée ". »

 

 

Le signe du Mystère du Christ

 

Dans le Corps du Christ exposé à la contemplation des fidèles, Élisabeth voit l’expression du Mystère. Comme le disait en son temps Saint Jean Chrysostome (344 env. – 407) : « Il y a mystère quand nous considérons des choses autres que celles que nous voyions… ». Ce qu’Élisabeth dit avec ses mots : « … nous avons le Saint - Sacrement exposé à l' oratoire ; ce sont des heures divines que l' on passe en ce petit coin du Ciel où nous possédons la vision en substance sous l' humble Hostie . Oui , c' est bien le Même que les bienheureux contemplent dans la clarté et que nous adorons dans la foi . »

 

 

Une Présence…

 

Attachée au Christ en son humanité, Élisabeth voit dans le Saint Sacrement le signe d’une Présence et d’une Présence réelle : « Lorsque Notre Seigneur était sur la terre , il est dit dans l' évangile ” qu' une vertu secrète sortait de Lui ” ; à son contact les malades recouvraient la santé ; les morts étaient rendus à la vie . Eh bien , Il est toujours vivant ! vivant au tabernacle dans son adorable sacrement, vivant en nos âmes » (L184 du 24 novembre 1903 – à Madame Angles).

 

… qui appelle la Présence

 

Et c’est pourquoi elle veut lui être présente. Dans la même lettre elle écrit : « puisqu' Il est là, tenons - Lui compagnie, comme l'ami à Celui qu' il aime !

Comme tout dialogue d’amitié, celui qui s’établit entre le Seigneur et Élisabeth est très intime. Sur le seuil on ne peut qu’en recevoir la lumière qui brille sur le visage de celle qui vit dans Sa Clarté « … qui pourrait dire la douceur de ces cœur à cœur pendant lesquels on ne se croit plus sur terre , et l' on ne voit plus , on n' entend plus que Dieu ! Dieu qui parle à l' âme, Dieu qui lui dit des choses si douces… Jésus enfin qui désire un peu d' amour,  pour le consoler ! … » (Journal)

 

Si Élisabeth se tient en présence de la Présence pour tenir compagnie à Jésus, le consoler, elle vient aussi lui parler de tous ceux qui lui sont chers : « J' ai été près du Saint – Sacrement, que nous avons à l' oratoire , j' ai placé ton cher malade près du bon Maître et je Lui ai dit : ” Seigneur, celui que vous aimez est malade ” . » (L 96 du 29 septembre 1901 à Alice Chervau)

Et encore : « Le cœur de votre petite amie a besoin de vous dire que sa prière pour votre cher malade est bien intense. Ma Communion d'aujourd'hui sera pour lui ; puis nous aurons le Saint - Sacrement à l' oratoire et, comme Madeleine aux pieds de mon Maître, je vais me faire toute suppliante et je Lui dirai : ” Celui que vous aimez est malade . ” » (L 147 fin 1902 à madame Farrat)

A sa mère et à sa sœur elle écrit :  « Nous aurons le Saint - Sacrement au chœur (le jour de la fête de Sainte Thérèse), et ce jour - là je pense y rester tant que je veux ; aussi pense si je vais m' en donner ! Vous serez là avec moi, mes chéries. J' aime tant parler de vous au bon Dieu … Là, près de Lui , je vous retrouve, car pour les âmes il n' y a point de séparation . » (L 97 du 10 octobre 1901, à sa sœur)

   

Le Saint Sacrement représente donc pour Élisabeth une Présence, mystère de communion. A Celui qui est là elle ouvre simplement son cœur, voulant qu’Il trouve en elle cette demeure qu’Il espère. Elle lui confie aussi toutes les intentions qu’on lui recommande retrouvant chacun dans Son Cœur à Lui.

 

Il est vivant en nos âmes…

 

Mais le Saint Sacrement est aussi un signe et elle comprend que le Seigneur peut se passer du signe pour lui être présent : « …voyez - vous , le bon Dieu n' a pas besoin du Sacrement pour venir à moi, il me semble que je l' ai tout autant ; c' est si bon , cette présence de Dieu ! C' est là , tout au fond , dans le Ciel de mon âme , que j' aime le trouver puisqu' Il ne me quitte jamais . » (L 62 du 14 juin 1901 au Chanoine Angles)

 

Alors elle peut écrire : "... elle [l'âme] doit se laisser immoler par toutes les volontés du Père à l' image de son Christ adoré ; chaque incident , chaque événement , chaque souffrance comme chaque joie est un Sacrement qui lui donne Dieu ; aussi elle ne fait plus de différence entre ces choses , elle les franchit , elle les dépasse pour se reposer , au - dessus de tout , en son Maître Lui - même..." (Le Ciel dans la foi)

 

... communiez à Lui tout le jour, 

puisqu' Il est vivant en votre âme

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