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Toi qui façonnes nos corps de glaise

en temple de ta gloire

Loué sois-Tu

Depuis les replis de la terre

En 1905 Elisabeth de la Trinité signe soudain ses lettres : Laudem Gloriae. 

 

Quelques mois auparavant, une de ses sœurs lui a parlé de la lettre de Saint Paul aux Ephésiens. Très intéressée Élisabeth lui a demandé de préciser le passage :

 

 

Lettre de Saint Paul aux Ephésiens, chapitre 1

 

Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ.

4 C'est ainsi qu'Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour,

5 déterminant d'avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté,

6 à la louange de gloire de sa grâce, dont Il nous a gratifiés dans le Bien-aimé.

7 En lui nous trouvons la rédemption, par son sang, la rémission des fautes, selon la richesse de sa grâce,

8 qu'Il nous a prodiguée, en toute sagesse et intelligence :

9 Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'Il avait formé en lui par avance,

10 pour le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres.

11 C'est en lui encore que nous avons été mis à part, désignés d'avance, selon le plan préétabli de Celui qui mène toutes choses au gré de sa volonté,

12 pour être, à la louange de sa gloire, ceux qui ont par avance espéré dans le Christ.

13 C'est en lui que vous aussi, après avoir entendu la Parole de vérité, l'évangile de votre salut, et y avoir cru, vous avez été marqués d'un sceau par l'Esprit de la Promesse, cet Esprit Saint

14 qui constitue les arrhes de notre héritage, et prépare la rédemption du Peuple que Dieu s'est acquis, pour la louange de sa gloire.

 

 

« Laudem gloriae »… Elisabeth est ravie : elle a trouvé exactement l'expression latine lui permettant de nommer d'une manière simple cette vocation qu'elle a découverte depuis plusieurs mois : être une louange de gloire.

 

Le chant éternel de l’amour

 

Dans un « traité spirituel » datant du mois d’août 1906 (quelques mois avant sa mort) et qu’elle intitule Dernière retraite de Laudem Goriae, Elisabeth écrit :

 

L'adoration, ah! c'est un mot du Ciel! Il me semble que l'on peut la définir: l'extase de l'amour. C'est l'amour écrasé par la beauté, la force, la grandeur immense de l'Objet aimé, et il " tombe en une sorte de défaillance " dans un silence plein, profond, ce silence dont parlait David lorsqu'il s'écriait: « Le silence est ta louange !... » Oui, c'est la plus belle louange, puisque c'est celle qui se chante éternellement au sein de la tranquille Trinité, et c'est aussi le «dernier effort de l'âme qui surabonde et ne peut plus dire... » (Lacordaire).

 

La louange est donc la réponse de l’amour à l’amour.

 

Un amour qui se vit d’abord au sein de la Trinité, le Christ n’est-il pas le Fils de l'Eternel, Celui-là qui fut la parfaite louange de la gloire de son Père ; ou encore … le divin Adorant, Celui-là qui fait la grande louange de la gloire du Père

 

Cet amour éveille notre amour, par l’action de l’Esprit Saint, car la louange est un chant interrompu, sous l’action de l’Esprit Saint. Une telle louange se dit au-delà des mots, non seulement parce que les mots sont limités, mais plutôt parce qu’elle entraîne dans son mouvement tout l’être de celui qui loue. Comme l’évoque Élisabeth : elle [l’âme] ne vibre plus que sous la touche mystérieuse de l'Esprit Saint, qui la transforme en « la louange de gloire à laquelle elle fut prédestinée, par un décret de Celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté [Notes intimes 16] 

 

La louange, fruit et expression de l’amour, a donc une action transformante en celui qui loue. Cela permet de comprendre que si la louange n’est pas propre au christianisme (elle est présente dans d’autres religions), elle en révèle cependant l’essence de manière éminente.

La préface d’une des prières eucharistiques – la longue prière centrale de la Messe - ne dit-elle pas :

 

Dieu éternel et tout puissant, 

tu n’as pas besoin de notre louange, 

et pourtant c’est toi qui nous inspires de te rendre grâces ; 

nos chants n’ajoutent rien à ce que tu es, 

mais il nous rapprochent de toi 

par le Christ notre Seigneur.

 

C’est bien Dieu qui inspire cette louange, comme le souligne Élisabeth - éclairée par St Paul - C'est en lui [le Christ] encore que nous avons été mis à part, désignés d'avance, selon le plan préétabli de Celui qui mène toutes choses au gré de sa volonté, pour être, à la louange de sa gloire, ceux qui ont par avance espéré dans le Christ. 

Et Élisabeth propose une explication de « rapprochement ». Car si elle offre sans cesse une hostie de louange, c'est-à-dire le fruit des lèvres qui rendent gloire à son nom, c’est que sont être entier est devenu louange, qu’il est devenu chant de louange

 

être de louange

 

C'est Laudem gloriae qui vient chanter tout près de votre âme ... Sur sa lyre, c'est toujours l'hymne du silence: n'est-ce pas le plus beau des cantiques, celui qui se chante au sein des Trois ? [Lettre 306 du 14 août 1906 à Mère Marie de Jésus]

Élisabeth est la lyre vibrant au souffle de l’Esprit. Et c’est aussi à travers une prose musicale qu’elle dévoile le secret de la louange :

 

 

  Une louange de gloire, c'est une âme qui demeure en Dieu, qui l'aime d'un amour pur et désintéressé, sans se rechercher dans la douceur de cet amour; qui l'aime par-dessus tous ses dons et quand même elle n'aurait rien reçu de Lui, et qui désire du bien à l'Objet ainsi aimé. Or comment désirer et vouloir effectivement du bien à Dieu si ce n'est en accomplissant sa volonté, puisque cette volonté ordonne toutes choses pour sa plus grande gloire? Donc cette âme doit s'y livrer pleinement, éperdument, jusqu'à ne plus vouloir autre chose que ce que Dieu veut.

Une louange de gloire, c'est une âme de silence qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l'Esprit Saint afin qu'Il en fasse sortir des harmonies divines ; elle sait que la souffrance est une corde qui produit des sons plus beaux encore, aussi elle aime la voir à son instrument afin de remuer plus délicieusement le Coeur de son Dieu.

Une louange de gloire, c'est une âme qui fixe Dieu dans la foi et la simplicité ; c'est un réflecteur de tout ce qu'Il est; c'est comme un abîme sans fond dans lequel Il peut s'écouler, s'épancher; c'est aussi comme un cristal au travers duquel Il peut rayonner et contempler toutes ses perfections et sa propre splendeur. Une âme qui permet ainsi à l'être divin de rassasier en elle son besoin de communiquer " tout ce qu'Il est et tout ce qu'Il a ", est en réalité la louange de gloire de tous ses dons.

Enfin une louange de gloire est un être toujours dans l'action de grâces. Chacun de ses actes, de ses mouvements, chacune de ses  pensées, de ses aspirations, en même temps qu'ils l'enracinent plus profondément en l'amour, sont comme un écho du Sanctus éternel.

Le Ciel dans la foi

 

 

Devenir louange

 

Découvrir sa vocation de louange n’est pas pour Élisabeth de la Trinité s'engager dans une voie très particulière qui ne conviendrait qu’à elle seule. C’est au contraire se laisser devenir parole de Dieu pour éclairer chacun sur l’appel qui lui est adressé – à lui aussi - à devenir un être de louange, exprimant ainsi sa réponse à Celui qui nous a trop aimé. Si " Au Ciel " chaque âme est une louange de gloire au Père, au Verbe, à l'Esprit Saint, parce que chaque âme est fixée dans le pur amour et " ne vit plus de sa vie propre, mais de la vie de Dieu [Le ciel dans la foi], la vocation pour la louange tend à nous emmener vers l’état de ceux qui jouissent déjà d’une vision de Dieu plus claire. Et cette vocation nous rejoint tous, car l’amour de Dieu nous appelle tous.

Le périple de l'Astre
 

Pour l'Avent 

Soyons vrais...

 

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Du Silence au Silence

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L'excès du Mystère

Adresse transformante

Le Mystère du Crucifié

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Bienheureuse impuissance

Dans la Lumière de l'Amour

 

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