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Son travail
intensif et son haut niveau de piano n'empêchent pas Élisabeth de
participer avec régularité aux temps spirituels de sa paroisse : la
Messe, bien sûr, les retraites organisées, les exercices du mois de
Marie.
Son désir d'être toute à Jésus ne cesse de croître et elle se lie
à Lui par un vœu de virginité, vers l'âge de 14 ans.
J'allai avoir quatorze ans, quand un jour, pendant mon action de
grâces, je me sentis irrésistiblement poussée à choisir Jésus comme
unique époux, et sans délai, je me liai à Lui par le vœu de virginité.
Nous ne nous dîmes rien, mais nous nous donnâmes l'un à l'autre en nous
aimant si fort, que la résolution d'être toute à Lui devint chez moi
plus définitive encore.
Ses amies les
plus intimes savent qu'elle a déjà le désir de mourir jeune, pour vivre
plus intensément au Ciel, en Dieu. C'est encore à Louise Recoing que
l'on doit ce récit :
Un
lundi de Pâques nous fîmes une excursion dont le but était Notre-Dame d’Etang
à Velars (près de Dijon, en Côte d'Or). A cette époque, les
pèlerinages n’étaient pas encore organisés. Tandis que nos parents s’arrêtaient
au premier plateau de la colline, la jeunesse, c’est-à-dire Élisabeth,
Marguerite, moi, mes frères et une de mes sœurs montâmes jusqu’au
sanctuaire. Sur l’autel se trouvait un livre dans lequel on pouvait
écrire la ou les grâces qu’on désirait obtenir de la Sainte
Vierge.

Je
sais qu’Élisabeth lui demanda celle de mourir jeune et je vois encore
sa sœur Marguerite lui disant avec un ton de reproche qu’on ne devait
pas demander cela. Le désir de cette faveur correspondait à celui, très
ardent, qu’elle avait d’aller au ciel le plus tôt possible.
Élisabeth avait une grande dévotion envers la Sainte Vierge. Son bonheur
était d’aller à Lourdes où les grandes vacances la ramenaient
souvent.
Elle veut
toujours être religieuse. Mais où ?
Louise Recoing, encore raconte cette anecdote
Je
revois encore Elizabeth grimpée dans un des cerisiers de notre jardin;
l'arbre était couvert de ces cerises noires qu'on appelait
"Carmélites" et tout en les mangeant me disant, "C'est
pour avoir la vocation:"
Un jour, à 14
ans, pendant le temps qui suit la Communion, Élisabeth se sent appelée
à entrer au Carmel.
Elle a trouvé.
Seul obstacle : madame Catez, sa mère, qui ne veut pas entendre parler
de la vocation de sa fille. Respectant sa mère, mais souffrant en
silence, Élisabeth attend et espère la levée du veto maternel
A Sainte Thérèse

Toi qui fus
carmélite,
Heureuse âme
d'élite,
Oh! fais que
de Jésus
Mes vœux
soient entendus.
Sa vie
spirituelle profonde n'empêche pas Élisabeth d'être une jeune fille
pleine d'humour... Voici le portrait elle trace d'elle-même à 14
ans, son institutrice lui ayant assigné cette tâche comme devoir de
style :




Et elle
continue à lutter pour maîtriser sa sensibilité et ne pas se laisser
emporter par une vivacité naturelle.
Encore une anecdote de Louise Recoing:
J'eus
une preuve tangible de sa maîtrise et de sa générosité un après-midi
d'été, alors que nous prenions nos ébats avec une bande d' amies dans
le jardin entourant la maison que madame Catez habitait, rue Prieur de la
Côte d'Or. Une discussion s'était élevée au sujet du jeu a choisir. Un
groupe voulait celui suggéré par Elizabeth, l' autre groupe voulait le
mien. Le différent s’échauffait sans aboutir, quand tout à coup
Elizabeth s'écria, "Comme nous sommes sottes, le jeu de
Louise (c'était moi) est bien plus amusant que le mien. Commençons par
là:" Surprise, je la regardai et ses yeux étaient pleins de larmes,
ce qui me fit réaliser son effort pour céder et amener ses adeptes à
faire de même.
Ce combat avec
elle-même, Élisabeth n'en laisse rien paraître au dehors, se montrant
aimable et attentive à chacun.
Françoise de Sourdon raconte :

Comme elle nous amusait ! C'était elle la meneuse de
jeu. On se pendait à sa natte.
Germaine de
Gemeaux aussi se souvient :
Je me rappelle, à part quelques petits faits sans importance,
qu'elle était toujours très bonne pour ma sœur et pour moi bien petites
alors, nous donnant des conseils pour nos études de piano et
s'intéressant à nos enfantines conversations.
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