|
Selon la loi de 1882 (loi
Jules Ferry),
Art.4 : "l'instruction primaire est obligatoire pour les enfants
des deux sexes âgés de 6 ans révolus à 13 ans révolus ; elle peut
être donnée soit dans les établissements d'instruction primaire ou
secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les
familles par le père de famille lui même ou par toute personne qu'il
aura choisie".
Madame Catez choisit de
pourvoir chez elle à l'éducation de ses filles et elle engage des
institutrices pour cela.
L'instruction scolaire d'Élisabeth restera cependant élémentaire. En
effet en 1888, madame Catez inscrit ses filles au Conservatoire de Dijon,
sans doute pour les préparer à un métier de professeur de piano.
Élisabeth se révèlera très douée pour la musique. De ce fait sa
formation musicale sera intensive : cours de solfège et de piano au
Conservatoire, leçons particulières de piano, et surtout de nombreuses
et longues heures de travail personnel à la maison.

En effet, elle se révèle être une musicienne et une
pianiste très douée. De ce fait elle passe avec rapidité et brio ses
examens au Conservatoire.
Elle obtient, en 1893 (elle vient juste d'avoir 13 ans)
le premier prix de solfège, dans la classe de Monsieur Pradel et le
premier prix de piano, dans la classe de monsieur Dietrich
.
En 1894, elle
"rate" le prix d'excellence.
Elle-même le
raconte à Alice Chervau, une autre de ses amies :


Il y a eu
grande agitation à cause de moi au Conservatoire : le jury m'avait
décerné un prix à l'unanimité, mais monsieur Fritsch, dont
l'élève en avait eu un, a trouvé que je ternirais la gloire de
son élève; il a couru à la préfecture, madame Vendeur
également;
ils
ont si bien fait que le préfet leur a donné raison, en disant que le
jury n'avait pas le droit de donner ce prix. Alors les membres du jury,
très mécontents, ont voulu donner leur démission, et si monsieur
Deroye, le président du jury, avait été averti, les chose s ne se
seraient pas passées ainsi, car il aurait été trouver le préfet, il
l'a dit à monsieur Lévêque...
Enfin, une agitation dont vous n'avez pas idée,
et c'est monsieur Fritsch qui est cause de tout cela; il a
joliment mal agi; il est brouillé avec monsieur Diétrich.
En 1895 elle obtient un accessit d'harmonie et termine
ainsi son parcours d'étude au Conservatoire.
C’est
à ce premier contact chez Madame Hallo que j'entendis Elizabeth jouer
du piano comme on n'en joue pas à onze ans sans un vrai don musical.
Témoignage
de Louise Recoing |