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J'ai
fait connaissance d'Élisabeth sur les bancs du Catéchisme de 1ère
Communion, elle était ma compagne, et se préparait si bien à ce grand
jour, luttant contre sa vivacité avec une volonté énergique.
le 19 avril 1891, c'est le
jour de la première Communion.

Marie-Louise Hallo raconte :
Je
me rappelle que la veille avant le dîner le prêtre qui l'avait baptisée
nous fit une lecture et Élisabeth m'emmena faire un chemin de croix
devant le Crucifix indulgencié de sa mère. Le grand jour arriva 19 avril
1891, Élisabeth ne cessa de pleurer pendant la Messe de 1ère
Communion et l'action de grâces. Quand nous sortîmes, elle me dit
:
"Je
n'ai pas faim, Jésus m’a nourrie."

Notre
confirmation eut lieu à Notre Dame. A partir de ce moment la piété
d'Élisabeth s'accrut davantage, elle communiait souvent et versait
d'abondantes larmes après. Sa nature était si sensible mais si forte. Je
l'ai vue quelquefois faire des efforts inouïs pour réprimer une
impatience et une parole trop vive.
La première communion d'Elisabeth le 19 avril 1891
avive son désir de recevoir Jésus et de vivre avec Lui.
Ce désir s'accompagne d'une réelle conversion au
niveau de son comportement : les colères disparaissent et Élisabeth
conquiert sur elle-même une maîtrise de soi qu'admireront ses proches.
Une de ses amies, Louise Recoing raconte :

Mon
père venait d'être nommé Commandant à Dijon en 1892...Ayant
appris que nous étions très tristes d'avoir quitté nos amies de Besançon
(notre garnison précédente), le Commandant Hallo demanda à sa
femme d' inviter toutes les amies de sa fille Marie-Louise, afin
qu'elles deviennent les nôtres. Ce qui n'avait frappée dans cette
première rencontre, c'était sa douceur et son amabilité qui
contrastaient avec sa nature ardente et son regard de flamme. Je vis
aussi qu'elle était l'âme et le bout-entrain de cette réunion qui
devait être suivie de tant d'autres. Comme son égalité d'humeur et sa
douceur me stupéfiaient, ma mère en parla à Madame Catez qui lui
confia alors que jusqu'à l'année précédant sa première Communion
Elizabeth se mettait chaque jour en colère. C'est alors que sa mère
lui avait dit qu'un réel changement était nécessaire pour faire cette
première Communion qu'elle désirait tant. Une transformation commença
aussitôt, à être visible dans son caractère et quand je l' ai
connue, il semblait impossible qu'elle ait pu être si différente.
Comme j'étais moi-même prompte à m'emporter je compris qu'il fallait
l'imiter, et faire de grands efforts pour devenir comme elle, douce et
humble.
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