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Le murmure de la Louange
18 juillet 1880 :
Naissance
* Origines familiales et naissance
d’Elisabeth Catez
Saint Hilaire - vue générale
3 septembre 1879 – 11 heures du matin. Les cloches de l’Eglise
de St Hilaire dans l’Aude (près de Limoux) sonnent en volée. Aujourd’hui
se célèbre en effet le mariage de Joseph Catez, capitaine au 16ème
escadron du 1er régiment du Train des équipages – détaché
actuellement à l’Ecole d’artillerie de Castres, à l’annexe de Lunel
(Hérault) - et de Marie Rolland.
Les futurs époux sont déjà dans la force de l’âge, mais
leur désir du mariage – ancien – a dû se frayer un chemin à travers les
circonstances politiques et sociales.
Le capitaine Ca tez
est né le 29 mai 1832 – il est donc âgé de 47 ans - au hameau de La
Jumelle près de la commune d’Aire-sur-la-Lys dans le département du Pas
de Calais. Son père est cultivateur. Mais un cultivateur sans terre… Il
doit donc, pour vivre, trouver un emploi dans une région qui est alors
fort pauvre et où les conditions de vie des ouvriers agricole sont
précaires. Quatrième enfant d’une famille qui en comptera sept, Joseph
Catez a un horizon de vie limité. Il choisit alors de s’engager dans
l’armée et le 17 mai 1853 il est incorporé au 1er régiment du
génie comme 2ème
sapeur. Il franchit lentement les échelons : brigadier, maréchal des
logis, maréchal des logis fourrier, maréchal des logis chef. Dans ce
grade il est décoré de la croix de la valeur militaire le 13 mars 1869.
Il devient sous lieutenant le 9 août 1870 au 1er régiment du
train des équipages. Participant à la guerre de 1870 contre l’Allemagne,
il est fait prisonnier à Sedan le 3 septembre. Libéré le 3 avril 1871,
sa carrière militaire se poursuit alors : le 9 août 1872, il est nommé
lieutenant et devient enfin officier en étant promu capitaine au 13ème
escadron du 1er régiment du Train le 13 septembre 1875.
Il arrive au 16ème escadron, à Castres le 1er
décembre de la même année.

Au gré des invitations mondaines
auxquelles tout officier est invité à se plier, il
rencontre Marie Rolland.
Née le 30 août 1846 à Lunéville, elle est donc âgée de 33
ans. Elle a quitté la Lorraine lorsque son père, capitaine commandant de
cavalerie, se trouvant en retraite de l’armée en 1862, est venu
s’installer à proximité de son village natal (Pexiora ) – à
Castelnaudary d’abord, puis à Saint Hilaire où il fut percepteur des
impôts. Elle fut fiancée à un jeune militaire. Celui-ci mourut au champ
d'honneur lors de la guerre de 1870, ce qui l’affecta profondément. Ce
qui explique peut-être ces longues années de solitude avant sa rencontre
avec le capitaine Catez.
Celui-ci a reçu avec grand plaisir le 13 août dernier la
nouvelle de l’autorisation ministérielle (nécessaire alors pour les
officiers de l’armée française) autorisant son mariage. A partir de jour
les préparatifs du mariage se précisent. Le contrat civil est passé
devant notaire le 1er septembre 1879, à Carcassonne.
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Présentation des
Souvenirs
Les Souvenirs
Chronologie
Naissance
Baptême
Enfance
La 1ère communion
Musicienne
Adolescence
voyages
Désir
du Carmel
Entrée au Carmel
La tradition du
Carmel
Carmel de Dijon
(histoire)
Carmel
: lieux d'Elisabeth
Postulat
Prise d'Habit
Noviciat
Profession
Prise de voile
Louange de gloire
Maladie
Béatification
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Saint Hilaire 
Une assemblée nombreuse se presse donc dans la petite
église du village en ce 3 septembre. Les toilettes claires des dames se
mêlent aux uniformes colorés des nombreux militaires venus entourer leur
confrère et ami.
Joseph et Marie échangent leur consentement, le prêtre
les bénit.
Fervents chrétiens tous les deux, ils ont l’intention de
fonder un foyer dont l’amour de Dieu sera la source, le rayonnement.
Et le vin des noces est là. Car sans doute la blanquette
de Limoux, ce vin inventé par les moines de l’abbaye de Saint Hilaire en
1531 dû être de la partie.


Peu de temps après son mariage, le capitaine Catez est
muté au camp militaire et est promu capitaine en 1er au 8ème
escadron du 1er régiment du Train.
école d’arme pour l’infanterie depuis la défaite de 1870,
Avord est devenu un centre d'instruction destiné aux Sous-Officiers
pouvant prétendre à l'épaulette. Le recrutement s'effectuait parmi les
meilleurs Sous-Officiers ainsi que parmi les "engagés conditionnels"
(Officiers de réserve rengagés). Le centre commence à se trouver trop
étroit à Avord et se transférera bientôt à Saint Maixent.

Le capitaine et madame Catez vont connaître là leur
première joie familiale en accueillant à leur foyer une petite Élisabeth
qui naît le 18 juillet 1880.
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De Marie de Pleurre à Adeline Lalande (deux amies
de la maman d'Élisabeth)
 
Dimanche 4 heures
Un mot en toute hâte, ma chère Adeline : le
bienheureux télégramme arrive à l’instant, il est parti du Camp
d’Avord à 2 heures 25...
Tout est pour le mieux.
Dans les lettres de notre amie, il n’était
question que de Marguerite ou d’Élisabeth ; ses vœux ont été
pleinement réalisés.
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L’accouchement ne fut pas sans douleurs. Madame Catez
raconte :
… j'ai eu une fille Marie Elisabeth…,
condamnée avant sa naissance car les deux médecins qui étaient auprès de
moi, avaient déclaré à mon mari qu'il fallait faire le sacrifice du bébé
dont le cœur ne battait plus, mais Dieu veillait et au dernier évangile
de la Messe, que j'avais demandée à l'Aumônier et qui se célébrait à la
chapelle du camp la petite Elisabeth faisait son entrée clans la vie,
très belle, très vivante
( Note biographique de Madame Catez)
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De Marie de Pleurre à Adeline Lalande :
[Lunéville, juillet 1880]
Ma bien chère Adeline,
Peut-être es-tu encore sans nouvelles de la jeune
maman ?
Avant-hier soir, j’ai reçu de Camp d’Avord des
détails complémentaires sur la naissance, détails que je te
transmets (espérant te faire plaisir), quoiqu’ils ne soient rien
moins que gais.
Madame Rolland me dit que sa fille a souffert
horriblement pendant 36 heures, qu’elle a eu constamment deux
médecins auprès d’elle, qu’il a fallu user de la force pour la
délivrer et que les jours de l’enfant ont été en danger…
Les cris de la pauvre Marie étaient affreux à
entendre, ajoute sa mère, pourtant elle a montré beaucoup de
courage et depuis lors elle se porte aussi bien que possible. La
fillette (qui a nom Élisabeth) est grosse comme un enfant de six
semaines et la jeune mère se réjouit de nous la présenter un
jour. Quand sera-ce ? Je n’en sais plus rien… Il est possible,
ma chère Adeline, que je t’apprenne de vieilles nouvelles et que
tu aies été instruite de tout cela en même temps que moi…, mais
dans le doute je m’abstiens… de silence. Le télégramme disait
trop peu de choses ! (…)
Au revoir.
Milles amitiés
M. de Pleurre |
Dans son berceau, Élisabeth qui vient d’entrer dans la
vie s’apprête à recevoir dans quelques jours la grâce de la Vie, celle
de son baptême.
La chapelle du camp d'Avor
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