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Professe,
Élisabeth découvre un guide lumineux : St Paul.

... comprendrons-nous jamais combien nous somme
aimés ? Il me semble que c'est bien là la science des saints. Saint
Paul, dans ses magnifiques épîtres, ne prêche pas autre chose que ce
mystère de la charité du Christ....soyons, comme dit saint Paul,
"la louange de sa gloire"
Élisabeth se laisse transformer par la
lumière de la Parole de Dieu reçue à travers St Paul. Elle la médite
en son cœur. A l'issue d'une retraite communautaire, le 21 novembre
1904 elle s'offre à la Trinité. dans une prière qui, découverte
après sa mort fera le tour du monde.
Ardente, enthousiaste, Élisabeth ne peut garder pour
elle-même la Vie qu'elle reçoit.
A travers les parloirs ou sa correspondance, elle
dévoile à sa famille et à ses amis ce bonheur qu'elle découvre. Car,
elle en est sûre : Il est aussi pour eux. Dans un langage riche d'une
délicate tendresse, elle initie chacun, au cœur de ses propres préoccupations,
à l'intimité qu'elle goûte en Dieu.
Elle écrit à Françoise de Sourdon :
Oh,
ma chérie, que l'on est heureux quand on vit dans l'intimité avec le
bon Dieu, quand on fait de sa vie un cœur à cœur, un échange
d'amour, quand on sait trouver le Maître au fond de son âme. Alors on
n'est plus jamais seule et on a besoin de solitude afin de jouir de la
présence de cet Hôte adoré. Vois-tu, ma Framboise, il faut Lui donner
sa place dans ta vie, dans ton cœur qu'Il a fait si aimant, si passionné.
Oh! si tu savais comme Il est bon, comme Il est tout Amour! Je Lui
demande de se révéler à ton âme, d'être l'Ami que tu saches
toujours trouver, alors tout s'illumine et c'est si bon de vivre! Ce
n'est pas un sermon que je veux te faire, c'est le trop-plein de mon
âme qui déborde en la tienne pour qu'ensemble nous allions nous perdre
en Celui qui nous aime, comme dit saint
Paul, « d'un trop
grand amour »!
L
161
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Si tu savais comme je pense à toi, comme je
prie pour toi, car c'est tout un pour une carmélite...
Vois-tu,
je suis heureuse, je demande au bon Dieu de te faire goûter
aussi les douceurs de son Amour et de sa présence: c'est cela
qui transforme, qui illumine la vie, c'est le secret du
bonheur!... Ma Françoise aimée, pense que si le bon Dieu nous
a séparées, Lui veut être l'Ami que tu peux trouver toujours.
Il se tient à la porte de ton cœur... Il attend... Ouvre-Lui L 174 |
Ce
bonheur la rapproche de tous ceux qu'elle continue à porter dans son cœur.
Elle insiste sur la proximité née de la communion en Dieu. A sa mère
dont elle sait combien son entrée au Camel fut une souffrance, elle
écrit :

... ce soir j'éprouve le besoin de te dire « merci », car sans
ton « fiat » tu sais bien que je ne t'aurais jamais quittée, et Lui
voulait que je te sacrifie pour son Amour. Le Carmel, c'est comme le
Ciel, il faut se séparer de tout pour posséder Celui qui est Tout. Il
me semble que je t'aime comme on aime au Ciel, qu'il ne peut plus y
avoir de séparation entre ma petite maman et moi, puisque Celui que je
possède en moi demeure en elle, nous sommes ainsi tout près!...
L
170
Elle écrit aussi à une amie :
...
voyez-vous, depuis que je suis au Carmel ..., il me semble que je me
suis encore rapprochée de vous, que je vous aime plus profondément :
c'est que Celui qui m'a prise toute à Lui est tout Amour, et j'essaie
de m'identifier à tous ses mouvements ; c'est avec son Cœur que je
vous aime, avec son âme que je prie pour vous. L 175
A Marie-Louise
Ambry...

Pensez
que vous êtes en Lui, qu'Il se fait votre demeure ici-bas; et puis
qu'Il est en vous, que vous le possédez au plus intime de vous-même,
qu'à toute heure du jour et de la nuit, dans toutes joies ou épreuves
vous pouvez le trouver là, tout près, tout au-dedans. C'est le secret
du bonheur, c'est le secret des saints, ils savaient si bien qu'ils
étaient le « temple de Dieu
» et qu'en s'unissant à ce Dieu l'on devient « un même esprit
avec Lui
», comme dit saint Paul ; aussi ils allaient à tout sous son
rayonnement.
L 175
Au Chanoine Angles...

C'est
si bon de donner quand on aime, et je l'aime tant, ce Dieu qui est
jaloux de m'avoir toute pour Lui. Je sens tant d'amour sur mon âme,
c'est comme un Océan en lequel je me plonge, je me perds : c'est ma
vision sur la terre en attendant le face à face en la lumière. Il est
en moi, je suis en Lui, je n'ai qu'à l'aimer, qu'à me laisser aimer,
et cela tout le temps, à travers toutes choses : s'éveiller dans
l'Amour, se mouvoir dans l'Amour, s'endormir dans l'Amour, l'âme en son
âme, le cœur en son Cœur, les yeux en ses yeux, afin que par son
contact Il me purifie, Il me délivre de ma misère.
L
177


A
Dieu, petite sœur, demeurons au centre de notre âme, là où Il
habite; alors à travers toutes choses ce sera le cœur à cœur. Oh! si
tu savais comme Il t'aime et comme, en passant par toi, Il veut se faire
aimer des petits anges !
L 233
Je
viens de lire dans saint Paul des choses splendides sur le mystère de
l'adoption divine. Naturellement, j'ai pensé à toi ce serait bien
extraordinaire qu'il en fût autrement: toi qui es mère et qui sais
quelles profondeurs d'amour le bon Dieu a mises en ton cœur pour tes
enfants, tu peux saisir la grandeur de ce mystère: enfants de Dieu, ma
Guite, est-ce que cela ne te fait pas tressaillir?
écoute
parler mon cher saint Paul: « Dieu nous a élus en Lui, avant la
création. Il nous a prédestinés à l'adoption des enfants pour faire
éclater la gloire de sa grâce »,
c'est-à-dire qu'en sa toute-puissance Il semble ne pouvoir rien faire
de plus grand. Et puis écoute encore: «
Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers. » Et quel est cet
héritage? « Dieu nous a rendus dignes d'avoir part à l'héritage des
saints dans la lumière. » Et puis, comme pour nous dire que cela n'est
pas un avenir lointain, l'Apôtre ajoute: « Vous n'êtes donc plus des
hôtes ou des étrangers mais vous êtes de la Cité des saints et de la
Maison de Dieu »... Et encore:
« Notre vie est dans les Cieux
»... Oh! ma Guite, ce Ciel, cette maison de notre Père, il est
au « centre de notre âme »! Comme tu le verras dans saint Jean de la
Croix, lorsque nous sommes en notre centre le plus profond nous sommes
en Dieu. N'est-ce pas que c'est simple, que c'est consolant ?

A
travers tout, parmi les sollicitudes maternelles, tandis que tu es toute
aux petits anges, tu peux te retirer en cette solitude pour te livrer à
l'Esprit Saint afin qu'Il te transforme en Dieu, qu'Il imprime en ton
âme l'Image de la Beauté divine, afin que le Père en se penchant sur
toi ne voie plus que son Christ, et qu'Il puisse dire: « Celle-ci est
ma fille bien-aimée, en qui j'ai mis toutes mes complaisances. »
Oh,
petite soeur, au Ciel je me réjouirai en voyant paraître mon Christ si
beau en ton âme; je ne serai pas jalouse mais, avec une fierté de
mère, je Lui dirai: C'est moi, pauvre misérable qui ai enfanté cette
âme à votre vie L 239
Le Ciel dans la foi

Au fil des mois, Élisabeth va ainsi
prendre de plus en plus conscience de cette vocation qu'elle a
découverte, en comprenant ce qu'elle implique. A la fin du mois de
décembre 1905, elle écrit au chanoine Angles :
...
mon rêve, c'est d'être « la louange de sa gloire
»; c'est dans saint Paul que j'ai lu cela, et mon époux m'a
fait entendre que c'était là ma vocation dès l'exil en attendant
d'aller chanter le Sanctus éternel en la Cité des saints. Mais cela
demande une grande fidélité car, pour être louange de gloire, il faut
être morte à tout ce qui n'est pas Lui, afin de ne vibrer que sous sa
touche...
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